« Paru dans Informations Entreprise N°168, Avril, Mai, Juin 2018 »

 

sebastien lambert

"Présentez-vous dans une entreprise et annoncez aux collaborateur que vous allez leur ajouter un logiciel de gestionn ils se décomposent."

Plus qu'une simple anecdote, des années d'expérience comme commercial qui auront été instructives et inspirantes pour Sébastien Lambert, dirigeant-fondateur de WebLSoft. Rencontre avec celui qui a voulu changer la perception du logiciel dans le monde professionnel.

Informations Entreprise : Quel a été le déclic pour vous ?

SL : J’étais commercial. Je me suis rendu compte que les logiciels étaient lourds à installer, à comprendre également, et qu’ils ne correspondaient pas forcément au besoin réel du client, y répondant en majorité mais pas en totalité. Il y avait quelque chose à faire pour obtenir le même retour de données dans le soft, mais en réduisant par dix le nombre d’opérations, et pour proposer un outil plus ergonomique, intuitif, qui donne envie de l’utiliser.

IE : Quelle est votre conception du logiciel ?

SL : Pour un logiciel, on vous facture généralement un coût mensuel global et non au prorata de ce dont vous allez réellement vous servir. Mon idée a été de dire au client : « Vous disposez d’un catalogue intégré au logiciel. Choisissez les modules dont vous avez besoin, ouvrez les droits aux différents utilisateurs, et faites l’acquisition de nouveaux modules au fur et à mesure en fonction de vos besoins. » Nous laissons ainsi aux clients la liberté de configurer leur logiciel selon leur situation propre et de ne payer que pour ce qu’ils utilisent réellement. En matière d’exploitation par ailleurs, on gagne en simplicité. Tous les modules sont logés dans la même interface, facilitant l’accessibilité au produit. L’installation d’un nouveau module, automatique, ne prend que 90 secondes, au terme desquelles il est immédiatement opérationnel. Bien qu’indépendant, il communique avec les autres. Et tout cela sans modifier les habitudes de l’utilisateur. Nous avonségalement ajouté des détails mais qui ont toute leur importance, comme l’éphéméride, des informations globales sur la société ou la possibilité d’échanger avec ses collègues via le logiciel, qui invitent à l’utiliser.

IE : Qui avez-vous séduit jusque-là ?

SL : Nous souhaitons pouvoir répondre à de grandes comme à de petitesstructures . En France, nous sommes sur un profil d’entreprises de 1 à 20 salariés.Sur le marché australien en revanche, conquis il y a deux ans, une TPE c’est moins de 100 employés, donc une dimension totalement différente. Des sociétés d’envergure commencent à regarder notre produit avec intérêt parce qu’il estabordable et simple à mettre en place. De plus, notre logiciel est vendu avec une maintenance et une mise à jour incluses dans le tarif, ce qui n’est pas le cas à la concurrence.

IE : De quels types d’équipements les entreprises disposaient-elles jusque-là ?

SL : Les entreprises installées ont des logiciels vieillissants. Il y a trois  ou qua treans, on ne parlait pas d’interconnexion, de tableaux de bord, de business intelligence. Aujourd’hui, le monde change et notre vision des choses également.La demande est de plus en plus à des solutions tiroir, à l’image des Anglo-saxons qui ont pour habitude de commencer par une partie avant d’acheter la suite. Cette tendance à vouloir découvrir les produits avant de tout acheter arrive peu à peu en Europe, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. En France, les commerciaux ont encore cette mauvaise habitude d’essayer de vendre un maximum de choses sans s’attarder à comprendre
comment fonctionne la société et quels sont ses besoins. Quant au client, inconsciemment, il demande un logiciel sur-mesure ou qui lui facilite la vie. Sa requête n’est pas « Je veux pouvoir utiliser votre produit tel qu’il est » mais
« Je veux pouvoir faire ça et ça avec. »

IE : Quel regard nouveau sur le logiciel essayez-vous ainsi de diffuser ?

SL : Nous voulons que les gens comprennent que lelogiciel n’est pas forcément qu’un outil de contrôle sur leur travail, mais avant tout un outil qui va améliorer leur quotidien et leur permettre de mieux travailler, dans de meilleures conditions. Cela passe par de l’ergonomie, de la simplicité d’utilisation, une interface agréable. Le logiciel est également bénéfique à la bonne gestion de l’entreprise, en cela qu’il est orienté vers l’aide au pilotage pour les dirigeants. Et une entreprise bien gérée, c’est un emploi préservé. Cela aussi fait partie du cycle. À vouloir être toujours plus rentable et performant, on en oublie l’essentiel et perd en compétences, alors que la personne derrière son ordinateur apporte tout autant sa pierre à l’édifice.